Incorporée à l'Etat français centralisé ou au Reichsland de structure fédérale, l'Alsace a toujours été une terre rhénane, par sa géographie, son histoire, ses paysages, sa vie socio-économique et culturelle. Elément de la dorsale européenne, siège d'une des capitales européennes, Strasbourg, l'Alsace présente une économie diversifiée et internationalisée. Région périphérique dans le cadre français, elle s'intègre de plus en plus dans l'espace économique rhénan, et international.
La forte identité régionale se fonde sur l'historie d'une région frontière marquée par les antagonismes, les contacts et les échanges, sur un cadre géographique nettement délimité. Elle s'exprime par une forte densité, un réseau urbain étoffé et hiérarchisé, des campagnes urbanisées, une mise en valeur minutieuse de l'espace, une intense et précoce vie commerciale, urbaine, intellectuelle et artistique; l'Alsace est bien terre de civilisation rhénane. L'Alsace tranche par rapport aux régions voisines du grand Est français.
J-C Boyer et alii, La France, les 26 régions, A.Colin, 2005
L'espace du Rhin Supérieur compte 5 800 000 habitants sur une superficie de 21 500 km². 40% du territoire est couvert par des forêts et des surfaces agricoles.
1/5 de la population est concentrée dans les 5 villes de plus de 100 000 habitants : Karlsruhe, Strasbourg, Fribourg, Mulhouse et Bâle.
La coopération transfrontalière du Rhin Supérieur est portée par les structures et réseaux suivants:
source : Agence de Développement de l'Alsace
Quelques éléments chiffrés :
| Région | superficie | population | densité | PIB / |
| Alsace | 8 281 km² | 1 768 079 | 214 | 24 800 € |
| Bade-Wurtemberg | 8 137 km² | 2 406 036 | 296 | 28 089 € |
| Rhénanie-Palatinat | 1 512 km² | 302 435 | 200 | 21 393 € |
| Suisse du nord-ouest | 3 588 km² | 1 338 200 | 373 | 32 627 € |
Source : Rhin Supérieur - données statistiques 2004
1- Parlement européen (IPE IV : immeuble du Parlement européen IV)
2- Bâtiments administratifs et services communs du Parlement. Locaux du médiateur européen
3- Conseil de l'Europe
4- Cour européenne des Droits de l'Homme
5- Siège d'Arte (immédiatement à droite de la photographie)
© Patrick Bantzhaff – CDDP Strasbourg
Les trois eurodistricts officiellement constitués en Alsace forment un théâtre d'expérimentation sans équivalent, touchant près de 3 millions de citoyens français, suisses et allemands.
Récemment créé sous forme d'une association de droit français, l'Eurodistrict trinational de Bâle (ETB) a une longue histoire. L'agglomération de 830.000 habitants réunissant Bâle, le secteur de Saint-Louis en France et celui de Lörrach en Allemagne trouve son origine en 1995. L'agglomération est héritière de relations de coopération anciennes touchant notamment le réseau électrique, l'aéroport bi-national, le traitement des déchets ou les questions de sécurité. Les élus des trois pays vont plus loin en travaillant ensemble à la planification urbaine et sur les transports collectifs. Les projets sont ambitieux, mais loin d'être tous financés, faute de ressources propres.
Les eurodistricts alsaciens recouvrent pratiquement le périmètre de la Conférence du Rhin supérieur, mais leur vocation est de traiter des problèmes quotidiens.
Simple convention de coopération signée en juillet 2006, l'eurodistrict Fribourg-Centre et Sud Alsace unit des villes moyennes ne formant pas agglomération. C'est le plus vaste et le plus peuplé des trois, avec 1,25 million d'habitants. Comme à Strasbourg, les élus ont marqué leur intérêt pour faciliter les relations sanitaires entre les deux rives du Rhin, encourager les échanges scolaires et recréer des services de transport public.
A Strasbourg Ortenau, où les flux de frontaliers sont moins massifs, on s'est beaucoup préoccupé des questions de santé, mais aussi des tarifs de téléphone, de prévention des pollutions industrielles et de coopération portuaire. Le schéma de cohérence territoriale de Strasbourg a englobé la rive allemande du Rhin dans ses études. Après quelque hésitations, l'eurodistrict (850.000 habitants) s'est officiellement formé en octobre 2005.
Les Echos, 5.2.2007
D’après l’INSEE, 81 % du territoire alsacien abritant 93 % de la population, est sous influence urbaine. La densité atteint 218 habitants au km2, soit près de deux fois la moyenne nationale. Avec 11 % de son territoire artificialisé, l’Alsace se situe en troisième position en France (moyenne 6,1 %), derrière l’Ile-de-France et le Nord-Pas-de-Calais. De 1984 à 2000, la progression annuelle moyenne des terres artificialisées a été d’environ 1 050 hectares par an en région.
L’espace est de plus en plus convoité. En Alsace, le prix du terrain à bâtir est le plus élevé des régions de province, avec cependant des écarts importants entre territoires. La consommation d’espace pour l’implantation d’infrastructures demeure forte. En matière de zones d’activités économiques, si le foncier disponible reste important, il ne répond pas toujours à la diversité des demandes. Sur la base des évolutions socio-démographiques en cours, et notamment de l’accroissement de la part des personnes âgées dans la population régionale, la baisse de la taille des ménages, et corrélativement une forte augmentation de leur nombre se poursuivront, voire s’accentueront.
La croissance démographique prévisible en Alsace et le niveau d’activité économique correspondant auront des conséquences sur l’occupation de l’espace, à savoir :
- une pression renforcée sur les ressources, les espaces naturels et la biodiversité ;
- un risque accru de dégradation du cadre de vie et des paysages ;
- une poursuite du phénomène de métropolisation et d’étalement urbain ;
- une forte demande de logements (nombre et type de logements, localisation,…) ;
- un accroissement des déplacements et des engorgements routiers ;
- des nuisances sonores en forte progression.
Ces tendances, connues, se sont accentuées dans les années 1990. Un stade critique est atteint aujourd’hui : l’équilibre environnemental et social est menacé.
Source : Conseil économique et social d’Alsace, Alsace, territoire fragile ? Gestion de l’espace, cadre de vie, lien social - Juin 2006.
L'Alsace révèle ici ses principales composantes paysagères. La photographie est prise vers le Nord. A gauche, se dégagent les premières pentes et crêtes boisées du massif vosgien dans lesquelles s'ouvre la vallée du Giessen, avec, plus à l'ouest, Villé et Sainte-Marie-aux-Mines. Le piémont viticole, inégalement développé en largeur, a donné un chapelet de villages et petites villes. En une transition insensible, la plaine rhénane supporte une polyculture performante, dans un paysage d'openfields aux nombreuses nuances locales.
Châtenois qui comptait 3400 habitants au recensement de 1999 est l'une de ces communes de piémont, à l'ouest de Sélestat. L'ancien bourg repérable à sa densité est désormais ennoyé par la croissance, pavillonnaire vers la plaine au premier plan, en zone d'activité le long de l'axe de la vallée, à l'arrière. 80% des actifs travaillent dans une autre commune, et 2/3 des emplois de la communes occupés par des habitants d'autres communes (chiffres de 1999) : périurbanisation et mobilité sont désormais une réalité dominante.
Un paysage rural intact au pied des Vosges, un tissu industriel encore vivant et une croissance périurbaine marquée, trois enjeux essentiels en Alsace.
Un des enjeux principaux consiste donc à maintenir et développer le rôle transfrontalier et le rayonnement de l’Alsace à l’international. Par la forte internationalisation de son appareil de production, la région est en effet largement soumise aux décisions des entreprises, qu’elles soient nationales ou internationales, et sur lesquelles les acteurs en charge du territoire n’ont guère de prise.
La question de la position géographique stratégique de l’Alsace est abordée sous trois aspects qui sont l’accessibilité, le rayonnement et le transfrontalier. Il devient de plus en plus indispensable de prendre en compte les besoins croissants d’amélioration de l’accessibilité des métropoles alsaciennes, notamment par l’arrivée des TGV-EST et Rhin-Rhône. Il s’agit également de renforcer la qualité des liaisons entre les villes rhénanes et enfin de développer les échanges transfrontaliers. Ces trois points représentent les facteurs d’intégration européenne, dont l’Alsace a besoin pour asseoir sa position.
Le développement et le soutien aux entreprises présentent deux aspects complémentaires. Le premier consiste à soutenir celles qui sont déjà implantées, à les aider face aux mutations économiques à venir, à définir une stratégie de développement économique et industriel moderne, à intégrer les enjeux de la compétitivité mondiale, à accroître les coopérations avec les centres de recherche locaux. Le second aspect doit permettre d’attirer de nouvelles structures en tenant compte de cette nouvelle « donne économique internationale ». Le renforcement d’activités supérieures, notamment à fort contenu en recherche-développement et en innovation technologique, est l’axe à privilégier.
Pour finir, le Rhin Supérieur est l’une des principales artères commerciales de l’Europe où se concentrent les zones urbanisées, les voies de communication et les activités industrielles produisant des nuisances environnementales multiples. Espace central en Europe, il est à la périphérie de chacun des Etats concernés. Que ce soit en matière d’échanges transfrontaliers à favoriser, de développement des infrastructures ou de garantie d’un environnement de qualité, il est nécessaire de coordonner les politiques publiques qui ne peuvent plus être envisagées d’un point de vue uniquement et strictement national.
Source : Préfecture de Région. Les enjeux de l'Etat en matière d'Aménagement du territoire en Alsace, juin 2005
Dans le domaine de la Recherche, la stratégie retenue consiste à conforter les grands pôles
de compétence alsaciens et en priorité ceux liés aux pôles de compétitivité « Innovations
Thérapeutiques », à vocation mondiale, et « Véhicule du futur », de nature interrégionale.
Ces pôles jouent un rôle majeur pour l’attractivité économique et la dimension internationale
de l’Alsace.
En matière de recherche et d’innovation, l’approche mise en oeuvre dans le cadre du
Contrat de Projets répond à trois objectifs principaux :
• renforcer les pôles de compétence en les dotant d’infrastructures immobilières et
technologiques de pointe, et en soutenant l’investissement dans des équipements
structurants ;
• capitaliser sur le tissu économique et industriel alsacien dans lequel l’expertise locale est
réelle ;
• encourager la dimension internationale des projets de recherche, et favoriser leur
valorisation en collaboration avec le milieu industriel.
Dans le domaine des sciences biologiques et biomédicales, l’Alsace fait preuve d’une
compétitivité et d’une visibilité réellement internationales. L’Etat et les Collectivités
Territoriales veulent les renforcer encore, en y associant plus étroitement le tissu industriel
local. Pour ce faire, des actions collectives seront mises en place :
• soutien à la constitution d’un réseau d’entreprises locales,
• soutien aux projets collectifs lancés par le pôle et les entreprises
• soutien au développement de services nouveaux pour les entreprises du pôle
(Intelligence économique, partenariat technologique, coopérations commerciales,
mutualisation de moyens, etc.).
Deux axes structurent ce pôle :
- Une orientation « molécules thérapeutiques » sera soutenue au travers du renforcement de
la recherche locale avec la construction de deux nouveaux centres associés au CNRS, à
l’INSERM et à l’Université Louis Pasteur (ULP) :
- Le domaine de l’imagerie, la robotique médicale et la réalité virtuelle. Ses activités
concentrent l’essentiel des actions du pôle « image », structuré depuis plusieurs années en
Alsace.
Source : contrat de projet Etat-Région Alsace 2007-2013 signé le 15 février 2007.
La politique d'aménagement du territoire de la Région Alsace veut encourager un développement équilibré de l'ensemble du territoire. Pôles en pleine expansion, espaces en difficulté... la Région n'entend pas uniformiser le territoire en gommant les disparités territoriales, elle veut être le garant de son équilibre.
Les pays, agglomérations, villes moyennes et Parcs naturels régionaux constituent les territoires de projets. Dans le cadre des dix contrats de pays, la Région accompagne la mise en oeuvre des chartes de pays et soutient les projets d'intérêt régional ou d'initiative locale de chacun de ces pays. La Région intervient également en faveur des villes moyennes pour la réalisation d'équipements renforçant leur attractivité : équipements culturels ou sportifs, aménagements urbains, pôles tertiaires... Elle soutient également les programmes d'action des Parcs naturels régionaux.
La Région propose des aides particulières aux territoires ruraux ou urbains les plus fragiles. C'est notamment le cas pour l'ensemble du massif vosgien : développement de l'agriculture de montagne, implantation d'entreprises, soutien aux activités touristiques, gestion des espaces et des paysages.
Sur l'ensemble du territoire, la Région peut également intervenir pour la réhabilitation des friches non agricoles en faveur du développement économique, la création d'espaces de nature, la cohésion du tissu urbain ou les services dans les coeurs de village.
Enfin, pour permettre aux grands pôles urbains de se développer, la Région participe aux contrats de ville et aux grands projets de ville : requalification urbaine, développement économique, formation professionnelle, implantation des services publics dans les quartiers.
Source: Conseil régional