Avec près de 6% de part de marché au niveau national, l’Aquitaine est la cinquième région française pour le nombre de nuitées. Depuis quelques années, la fréquentation touristique annuelle s’érode. Le nombre de nuitées, tous hébergements confondus, est ainsi passé de quelques 92,5 millions de nuitées en 2002, à 85,5 en 2004, avec une saisonnalité très marquée. Ainsi, 51% des séjours s’effectuent en juillet-août et 72% entre mai et septembre, soit 61,5 millions de nuitées et 8,3 millions de séjours, avec 1 million de touristes les jours de pointe.
L’Aquitaine est la deuxième région thermale française, en termes de fréquentation, et la cinquième pour le nombre d’établissements. Le thermalisme attire chaque année en Aquitaine 100 000 curistes et 50 000 accompagnants.
La fréquentation est majoritairement française. En 2004, 16% seulement des séjours sont générés par des étrangers. L’Allemagne, première clientèle étrangère il y a 10 ans, recule au 3ème rang en termes de nuitées, au profit de la Grande-Bretagne qui devient leader devant les Pays-Bas. Quant à la clientèle française, trois régions - Aquitaine, Midi-Pyrénées et Ile de France - concentrent à elles seules 58% des séjours et 54% des nuitées.
L’Aquitaine, qui est dotée d’un patrimoine naturel exceptionnel, devra redéfinir ses produits touristiques. Elle devra s’adapter notamment en matière de courts séjours pour répondre aux mieux aux attentes nouvelles des clients et reconquérir sa clientèle étrangère. L’enjeu est également de maîtriser le développement touristique sur des sites fragiles.
Source: SRADDT "Aquitaine Horizon 2020", diagnostic,
http://2020.aquitaine.fr/sommaire.php3
Pendant très longtemps, Bordeaux s'est affirmée comme la « porte océane » de l'Aquitaine et, plus largement, de tout le Sud-Ouest intérieur. Ce rôle s'est affirmé dès le XIIIe siècle, avec la série des privilèges dont Bordeaux - alors possession anglaise - a pu bénéficier. En 1224, Bordeaux devient port d'exportation unique des vins vers l'Angleterre. En 1235, le roi d'Angleterre institue la commune et la mairie de Bordeaux, donnant ainsi à la ville les moyens de régir souverainement sa production vinicole et de la protéger. En 1241 enfin, Bordeaux obtient le privilège d'exporter ses vins avant ceux du Haut Pays. Au XVIIIe siècle, le rôle portuaire de Bordeaux se renforce encore avec le commerce colonial.
Bordeaux est un port maritime situé sur le plus vaste estuaire européen. Il a ainsi l’avantage de pouvoir desservir par la voie maritime, une vaste région située à plus de 100 km de la mer. Pour traiter efficacement ses trafics, traditionnels et nouveaux, le Port de Bordeaux, dispose de 6 terminaux spécialisés : Le Verdon, Pauillac, Blaye, Ambès, Bassens et Bordeaux.
Fortement dépendant des activités économiques, industrielles et agricoles, du Sud-ouest et de la qualité de ses liaisons ferrées et routières, il reçoit principalement des produits pétroliers et chimiques, des engrais manufacturés, de l’alimentation animale et exporte des céréales et oléagineux (le port de Bordeaux est le 1er port exportateur de maïs en Europe) et des produits forestiers. Le Port de Bordeaux permet des liaisons régulières avec 300 ports dans le monde.
Mais le port de Bordeaux est en réel déclin depuis son apogée en 1972 (14,4 millions de tonnes de trafic) : il a fortement régressé jusqu’en 1997 (8,4 millions de tonnes) et s’est légèrement redressé 2005 (8,7 millions de tonnes). Le port de Bordeaux se situe au 7ème rang national.
M.Lacan et alii, L'agglomération bordelaise un espace en mutation, CRDP d'Aquitaine et A'urba, Bordeaux, 2003
Cette croissance, due à l’excédent des arrivées de migrants sur les départs, place l’Aquitaine au troisième rang de croissance des régions métropolitaines (+0,96% par an), derrière le Languedoc-Roussillon (+ 1,40 % par an) et Midi-Pyrénées (+ 1,05 % par an). Près de 235 000 personnes installées en Aquitaine au 1er janvier 2004 habitaient une autre région de métropole cinq ans auparavant.
Pour accueillir les nouveaux habitants venus en Aquitaine entre 1999 et 2004, il a fallu mettre à disposition de nombreuses résidences. Au total, 20 400 logements destinés à l’habitation ont été construits chaque année au cours de cette période, soit 83 % des nouveaux logements. Il faut remonter au milieu des années soixante-dix pour trouver un rythme de construction supérieur.
En cinq ans, l’installation de nombreux arrivants en Aquitaine a contribué à remodeler les caractéristiques régionales. On en ressent déjà quelques effets du point de vue des structures démographiques. Mais l’impact en matière de logement est bien plus visible. Les installations constituent un soutien direct ou indirect à l’activité du bâtiment. En contrepoint, elles peuvent aussi exacerber les tensions existant à l’état latent sur le marché immobilier, avec pour corollaire des difficultés croissantes pour se loger.
Insee Aquitaine, Le Quatre pages, Juillet 2005
Si la structure régionale fut longtemps marquée par une polyculture traditionnelle en faire valoir direct dans de petites ou moyennes exploitations, elle a connu ces dernières décennies de profondes transformations. L’agriculture aquitaine apparaît aujourd’hui très dynamique, souvent de grande qualité et labellisée. Première région mondiale de foie gras, elle arrive également souvent en tête des productions nationales dans les légumes et els fruits. Disposant d’une filière bien intégrée, ces productions sont valorisées par d’importantes IAA ; cette branche est le premier employeur industriel régional avec 30 000 salariés et 5,5% de la valeur ajoutée.
Le vignoble représente, avec 147 000 hectares et 12 000 producteurs, 30% de la production nationale d’AOC et 31% de la valeur ajoutée agricole régionale. Aux grands crus du Bordelais s’ajoutent d’autres productions moins prestigieuses dont une partie est touchée par une crise de surproduction face à la concurrence de nouveaux pays producteurs sur le marché mondial qui absorbe une part notable de la production régionale.
J-C. Boyer et alii, La France. Les 26 régions, A.Colin, 2005
Ville de la façade atlantique, port de fond d'estuaire, Bordeaux a construit sa fortune sur les échanges maritimes et le commerce du vin dès la fin du Moyen Âge. Bordeaux occupe une situation stratégique sur un des grands axes de transit nord-sud européen. L’aire d'influence bordelaise atteint Angoulême et La Rochelle au nord, et couvre la plus grande partie de l'Aquitaine malgré des interférences avec l'aire polarisée par Toulouse, l'autre capitale régionale du grand Sud-Ouest, plus dynamique, qui, elle, étend son influence jusqu'au sud de l’Aquitaine.
Bordeaux renforce sa position de carrefour avec l'arrivée du TGV, l'achèvement des autoroutes Bordeaux-Genève et Paris-Bayonne, le développement d'un aéroport international et de plates-formes multimodales. Bordeaux est un point de passage obligé sur un axe majeur reliant l'Europe du Nord à l'Europe ibérique. Cet axe est marqué par un trafic routier et ferroviaire toujours plus important, et par des flux touristiques et de travailleurs immigrés, reliant l'Europe du Nord à l'Europe méditerranéenne et au Maghreb.
La situation hégémonique de Bordeaux en Aquitaine se traduit d'abord sur le plan démographique. En 1999, l'unité urbaine de Bordeaux comptait 753 930 habitants pour une population régionale de 2 907 700 habitants, soit 25,9 % du total régional. Il règne une grande disproportion : seules deux unités dépassent 100 000 habitants : Pau et Bayonne-Anglet-Biarritz. Ces trois agglomérations ont absorbé, à elles seules, la moitié de l'augmentation de la population régionale entre 1990 et 1999.
Parmi les fonctions métropolitaines de la capitale régionale, les fonctions politiques de commandement sont prépondérantes. Bordeaux est le siège de l'Hôtel de Région, du Conseil général, de la préfecture de la Gironde, ainsi que de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB). Une autre part des fonctions métropolitaines tient à la présence d'un enseignement secondaire et supérieur très fourni. L’université est très présente avec plus de 70 000 étudiants. Elle est associée dans certains domaines à des pôles technologiques de très haute valeur. C'est le cas en particulier pour l'université de Bordeaux I, dont la réputation est nationale voire internationale dans les domaines des matériaux composites, du laser, du bois... Le troisième aspect des fonctions métropolitaines de Bordeaux tient dans les fonctions de commandement économique. Bordeaux est le siège régional de très nombreuses entreprises industrielles, mais aussi de banques et d'administrations déconcentrées de l'État. Le dernier aspect de la fonction métropolitaine réside dans le rôle culturel joué par la ville (Grand Théâtre, Orchestre National de Bordeaux Aquitaine, Musée d'Aquitaine, Musée des Beaux-Arts et le Capc-Musée, Centre d'arts plastiques contemporain).
Bordeaux joue également un rôle interrégional important. La ville est désormais le siège de région de la gendarmerie, qui regroupe les régions administratives de Poitou-Charentes, Limousin, Midi-Pyrénées et Aquitaine, soit 20 départements.
Enfin, Bordeaux développe une politique d'ouverture et de prestige, comme le prouvent diverses manifestations internationales, en particulier la Foire internationale annuelle, Vinexpo - une des premières manifestations mondiales consacrées au vin – ou l'accueil de paquebots de croisière étrangers. Cette image de ville internationale se lit également dans sa politique de communication et de relations extérieures, comme le prouvent ses jumelages - avec Los Angeles, Bristol et Saint-Pétersbourg - et sa participation à divers clubs regroupant les grandes villes d'Europe, comme le Club des eurométropoles et des eurocités.
Maurice Lacan et alii, L'agglomération bordelaise un espace en mutation, CRDP d'Aquitaine et A'urba, 2003, Bordeaux.
Bordeaux, 7° aire urbaine française frôlant le million d’habitants, est l’incontestable capitale régionale qui règne sur le vignoble et sur la majeure partie des Landes qui est un vide urbain sauf les petites villes de Dax et Mont-de-Marsan sur ses confins sud. Mais au sud le pays basque a une forte identité et regarde vers l’Euskadi et la Navarre de l’autre coté de la frontière ; il se structure autour de l’agglomération BBA (Bayonne, Biarritz, Anglet) de plus de 200 000 habitants et à forte dynamique résidentielle. De même, les pays de l’Adour ont une logique transversale de piémont ouest-est à cheval sur deux régions autour des villes de Pau, Tarbes et Lourdes. Ils regardent plus vers Toulouse que vers Bordeaux.
Les espaces intérieurs du Périgord sont ruraux, peu dynamiques économiquement et vides sauf dans les vallées ; de même ceux du Sud-Est en Gascogne alors qu’au centre les vallées de la Garonne autour d’Agen et du Lot sont spécialisées dans les cultures de fruits et de légumes. Le littoral est plus attractif que l’intérieur mais l’occupation de l’espace y est aussi très inégale : deux pôles attractifs (côte Basque et sud des Landes rajeunies par l’essor du surf et ses industries de la glisse, bassin d’Arcachon) contrastent avec les 70% restant qui ont de très faibles densités dans les Landes et le Médoc.
Sources diverses
Le tourisme dessine maintenant la géographie du Périgord. Ce n’est pas un tourisme d’hôtellerie, de station intégrée, de flux massifs et soudains, de grands spectacles de la nature ou de l’art, mais plutôt le contraire. Quelques solides points de fixations : les sites préhistoriques des Eyzies, de Lascaux et de Rouffignac, aux abords de la vallée de la Vézère. Et surtout, un réseau dense, bien réparti sur tout le territoire, de châteaux, d’églises, de villages, de sites taillés dans le karst ou de points de vue au dessus de rivières encaissées…
Le tourisme est rural et familial par ses modes de séjour : camping, gîtes, résidences secondaires. Les Anglais en ont fait une sorte de nouveau comté en France, tellement els saveurs étaient à leur goût. Les foules se pressent et se diluent plusieurs mois dans l’année en des espaces qui pourraient être décrits autrement comme de faible densité, de dépopulation continue hors des vallées, de déprise et de reboisement, de bourgs somnolents. La réalité est devenue beaucoup plus complexe. Les bâtisses rénovées et les piscines des résidences secondaires affirment une nouvelle ruralité. La trame ancienne des pays et des villes sert de support au nouveau Périgord. Les vallées concentrent les activités principales : Dronne, Isle, Vézère et surtout Dordogne.
A.Frémont, Portrait de la France, Flammarion, 2001
L’emploi, l’innovation économique et la recherche restent la première priorité de l’action régionale. Il s’agit en particulier de renforcer la compétitivité régionale en misant sur la qualité et la créativité. Cela dépend de la modernisation du tissu économique aquitain et de la capacité à attirer de jeunes chercheurs. La Région déploiera plusieurs actions clefs : la constitution de chaires pour les jeunes chercheurs à fort potentiel, la promotion et la diffusion des sciences afin de sensibiliser les jeunes Aquitains aux métiers scientifiques. Un renforcement des dotations budgétaires en matière de recherche et développement permettra de rendre les dispositifs de soutien encore plus incitatifs. Car en matière de développement, le renforcement des pôles scientifiques et universitaires est un préalable afin de déployer des stratégies industrielles innovantes et porteuses d’emplois. La Région s’y attache depuis 1998 en s’appuyant sur l’élite industrielle (l’aéronautique, le bois, la viticulture, l’agro-alimentaire) et en soutenant les innovations technologiques : ce sont elles qui permettent aux PME d’activer des avantages concurrentiels, de créer de nouvelles filières et donc de nouveaux emplois dans les matériaux composites, les lasers, l’optique…La Région a ainsi posé comme condition que les projets issus des pôles de compétitivité associent grands groupes et PME. Les pôles feront l’objet d’un soutien régional prioritaire afin de consolider les structures de gouvernance et d’organisation des filières (16 millions d’euros pour la seconde phase de construction du laser Pétawatt).
Créer de l’activité et de l’emploi, c’est aussi soutenir les filières traditionnelles. Le tourisme représente un pôle d’activité majeur pour l’Aquitaine. La Région contribuera à son développement avec un nouveau règlement d’intervention, tout en respectant les principes de développement durables et équitables. Quant au secteur agricole, en proie à de fortes incertitudes, il fera l’objet d’un accompagnement vigilant : efforts financiers pour favoriser la compétitivité des industries agro-alimentaires, promotion d’une agriculture performante, bio et respectueuse de l’environnement, soutien et investissements dans les filières forêts-bois, aquacoles et conchylicoles
L’Aquitaine, journal d’information du conseil régional d’Aquitaine, février-mars 2007
Ce nouveau CPER est marqué par une véritable rupture en termes de priorités, qui se traduit dans la répartition des crédits, avec un très net accent donné tout d’abord au développement durable avec la mise en place d’un plan climat régional, d’un plan de gestion qualitatif et quantitatif de la ressource en eau, d’un plan « risques naturels et industriels », biodiversité, grands sites…
Toujours dans le développement durable, la totalité des crédits d’infrastructures de transport est réorientée vers le report modal des voyageurs et ceux des marchandises orientées vers le ferroviaire et le maritime. L’aménagement du réseau routier ne figure plus dans le contrat de projets. C’est donc 542 millions soit 41,25 % qui est consacré au développement durable, sur un total de participation de l’Etat et de la Région de 1,3 milliards d’euros.
Deuxième accent : l’innovation, grâce à l’effort régional, qui multiplie par 2 ses crédits sur les thèmes de la compétitivité ainsi que la recherche. C’est 361 millions d’euros qui sont ainsi consacrés par l’Etat et la Région à l’innovation, la recherche, les transferts de technologies, l’enseignement supérieur, soit 27,4 % de la participation totale de l’Etat et la Région
On peut regretter tout de même, l’absence totale de certains thèmes faute de dotation financière de l’Etat à l’image de la politique des pays ou des Technologies de l’Information et de la Communication.
Les interventions en faveur des entreprises artisanales, des TPE-PME, et des industries agroalimentaires ont également été exclues de la contractualisation par l’Etat. Certains thèmes comme l’économie sociale et solidaire ou l’agriculture biologique n’ont pu être intégrés dans le Contrat de Projets, par absence de volonté ministérielle ; néanmoins, pour cette dernière, le conseil régional mènera des actions hors CPER avec 1 million d’euros débloqués spécifiquement pour l’agriculture biologique.
L’Aquitaine, journal du conseil régional, avril-mai 2007
| Le TER Aquitaine en 2005 | Classement sur 20 Régions | Données chiffrées |
| Régularité (% de trains avec un retard < à 5 mn) | 18ème | 88,30 % |
| Evolution de l'offre TER par rapport à 2004 | 4ème | + 2,90 % |
| Fréquentation par rapport à 2004 | 5ème | + 8,78% |
| Part de km.trains supprimés | 15ème | 4,09 % |
| Matériel neuf ou rénové depuis 1993 | 17ème | 40 % |
| Part du TER dans le budget régional | 12ème | 16,1 % |
| Budget du TER en euro/habitant | 15ème | 40,69 euros/habitant |
Source : Villes et Transports magazine, 8 novembre 2006
Avec 100 trains supprimés en début d’année, se déplacer en Aquitaine était devenu problématique. S’y ajoutait des retards, des wagons bondés, des trains supprimés, autant de désagréments qui gênaient considérablement les voyageurs. « Une crise qui relève prioritairement de la responsabilité de la SNCF » comme le précisait Anne-Marie Idrac, présidente de la société de transport. Alain Rousset* a donc demandé à la SNCF de faire des propositions et d’établir un véritable plan pluriannuel de progrès pour les années 2007-2008. Très rapidement la SNCF a mis en place des mesures d’urgence qui ont permis de réduire le nombre de Ter supprimé et d’améliorer leur ponctualité. Elle s’est également engagée à installer d’ici l’été un centre de relations clientèle accessible par un numéro vert, et à nettoyer plus fréquemment les rames…Le paradoxe de cette situation est que les Ter n’ont jamais été aussi attractifs. En deux ans ces trains ont connu une augmentation de leur fréquentation de 20 %. Parallèlement depuis 2002, la Région a consacré des efforts sans précédent au développement du Ter Aquitaine avec 210 M d'euros engagés pour le renouvellement et l’accroissement du parc de matériel roulant, et également avec la création de 51 dessertes, avec un objectif de 100 circulations nouvelles pour 2010.
*Président du conseil régional d'Aquitaine
Journal régional l’Aquitaine, avril-mai 2007