Le Champagne établit un nouveau record à l’exportation en 2006 (140 millions de bouteilles ; + 8,8 % ; 43 % des ventes totales de Champagne de l’année) avec des marchés émergents en forte croissance comme la Russie ( + 39 % ; 700 000 bouteilles ). Hong-Kong (840 000 bouteilles) et Singapour (937 000 bouteilles) sont les deux valeurs sûres de l’Asie. La Chine poursuit sa progression (+ 50 % avec 504 000 bouteilles) ainsi que l’Inde (+ 125 % avec 260 836 bouteilles).
C’est le premier poste des exportations champardenaises en valeur (près de 25 % ) loin devant les équipements automobiles (6,5 %)
Sources diverses.
Malgré un accroissement naturel positif, la Champagne-Ardenne souffre d’une démographie déclinante. L’émigration en est la cause principale : depuis vingt ans, la région voit en moyenne émigrer 5 300 habitants par an, dont une proportion importante de jeunes. Sur la période 1990-2005, la population de la région a diminué de 1 %, tandis que la population totale en France métropolitaine progressait de 8,3 %. La part de la Champagne-Ardenne dans la population française est en diminution : 2,7 % en 1954, 2,12 % en 2005.[..] Les projections de population à l’horizon 2030 montrent une poursuite de cette érosion.
Schéma régional du développement économique et de l’emploi mars 2006
La Champagne-Ardenne se localise entre trois des plus gros bassins de population de l’Europe : le bassin parisien, le Benelux et le Sud-Ouest de l’Allemagne. Néanmoins, les franges directement contiguës des régions voisines ne sont pas actuellement des territoires émergents. Et c’est là tout le paradoxe de la position géographique de la Champagne-Ardenne, proche de tout, mais pas en liaison directe avec les gros bassins d’activités.
La région est au cœur de l’axe des zones à fortes activités qui relie les Pays-Bas au Nord de l’Italie. Mais en examinant les différents réseaux, on constate qu’ils sont souvent tangents au territoire champardennais. En réalité, la Champagne-Ardenne se situe à la charnière des deux grands couloirs de transports à l’échelle nationale, l’axe Rhône – Moselle emprunté pour les échanges vers le Benelux et l’axe Rhône - Paris - Calais pour les échanges vers le Nord de la France et l’Angleterre.
Schéma régional des infrastructures et des transports février 2007
Plusieurs projets sont susceptibles d’infléchir la tendance d’éviter la Champagne-Ardenne pour les échanges à longue distance. Au niveau des infrastructures ferrées, l’arrivée du TGV Est [..] mais aussi le projet du grand contournement Est de fret ferroviaire de la région parisienne transitent par la Champagne-Ardenne. Au niveau du fluvial, le projet Seine Nord Europe ouvrira au port de Nogent/seine l’ensemble du réseau nord européen. Au niveau routier, la création de 3 nouveaux barreaux complémentaires à l’échelle nationale et européenne (prolongation de l’A34 vers Charleroi, RN19 Langres - Delle et la liaison Troyes - Auxerre - Bourges) rendra plus attractif le réseau de la région car ils permettront de créer une alternative au sillon lorrain et rhodanien, pour partie gratuite, et d’éviter de la sorte les congestions routières récurrentes de ces axes.
Schéma régional des infrastructures et des transports, février 2007
Si 96% des relations domicile-travail restent internes à la région, 21 500 Champardennais travaillent cependant hors de ses frontières. L’Ile-de-France, par sa proximité et le gisement d’emplois qu’elle offre, incite de nombreux Champardennais à venir y travailler - près de 7 700, dont 3 700 Marnais et environ 3 000 Aubois. Paris, où se rendent pour leur travail 2 700 habitants de la région, s’avère particulièrement attractif, suivi de la Seine-et-Marne voisine avec un peu moins de 2 000 actifs.
Source : INSEE Flash Champagne Ardenne n°16 sept 2000.
L’armature urbaine de la région est lâche et, de plus, la Marne concentre quatre des principales agglomérations de la région, Reims (215 556 hab.), la seule agglomération à dépasser 200 000 habitants ; Châlons-en-Champagne, la Préfecture (60 008 habitants), Epernay (33 223 hab.) et Vitry-le-François (19 560 hab.).
Par ailleurs, il n’y a pas réellement de métropole régionale en Champagne-Ardenne. En effet, les agglomérations n’ont pas le rayonnement suffisant pour attirer les fonctions stratégiques métropolitaines supérieures et le solde migratoire est généralement négatif. Ainsi, malgré la réalité de sa position de carrefour et de l’influence de son pôle commercial, hospitalier et universitaire, Reims ne peut s’affirmer comme « capitale » que pour le nord de la Marne et des Ardennes débordant cependant sur une grande partie du département de l’Aisne (Picardie). Dans le département de la Marne, l’influence de Reims (sous-préfecture de la Marne) se heurte à celle de Châlons-en-Champagne, préfecture de la Marne et de région. L’influence de Reims se heurte aussi à celle d’Epernay, capitale du Champagne, et bien évidemment, hors région, à celle de Paris.[..] Dans les autres départements, une ville moyenne (Troyes pour l’Aube et Charleville pour les Ardennes) ou deux petites (Chaumont et Saint-Dizier pour la Haute-Marne) dominent sans toutefois concentrer l’ensemble des fonctions urbaines.
De plus, en raison des influences qu’elle subit des régions voisines, la région Champagne-Ardenne est éclatée. [..] Si tous ces départements furent champenois, certains en partie, leur regroupement au sein de la région Champagne Ardenne surprend, d’autant plus qu’il n’existe pas d’histoire de la Champagne-Ardenne dans ses limites actuelles, ni d’ailleurs (et c’est sans doute lié) de sentiment réel d'appartenance à la région Champagne-Ardenne. Seul le triangle Reims-Châlons-Epernay semble constituer une entité géographique cohérente.
S. Bazin, C. Beckerich, M. Delaplace, S. Masson. La LGV-Est Européenne en Champagne Ardenne : quels effets sur la cohésion territoriale champardennaise ?, sept. 2004 http://www.ulb.ac.be/soco/asrdlf/documents/Bazin.pdf
Les zones d’emploi de la Vallée de la Meuse, de la Marne Moyenne et du Sud-Ouest Champenois présentent les taux de chômage les plus élevés, principalement en raison des mutations industrielles.
Les zones d’emploi de Reims et de Troyes affichent un taux de chômage légèrement moins élevé, mais supérieur à la moyenne nationale. Bien qu’ayant une économie plus diversifiée et une part importante de services, les deux grandes agglomérations n’échappent pas aux crises industrielles : déclin du textile dans l’Aube, difficultés plus récentes sur Reims (biens d’équipements, industries diverses), où l’emploi industriel est en rapide diminution.
La situation est nettement plus favorable sur les zones d’emploi de Châlons-en-Champagne et d’Epernay : Châlons-en-Champagne bénéficie d’une forte densité d’emplois publics, tandis que le tissu économique autour d’Epernay, moins industriel, est fortement axé sur l’agriculture et le champagne.
Le taux de chômage plutôt bas observé sur la zone d’emploi de la Haute Vallée de la Marne recouvre en revanche une réalité différente, celle de bassins ruraux où le chômage est moins visible et mesurable, et souffrant du départ des jeunes actifs.
Schéma régional du développement économique et de l’emploi, mars 2006, Conseil régional
La région subit une hémorragie des étudiants et des jeunes professionnels vers les régions limitrophes, notamment l'Ile-de-France, qui offre une palette plus diversifiée de formations (en particulier dans l'enseignement supérieur) et d'emplois.
Sur l'ensemble des actifs, 69% disposent au mieux d'un diplôme de niveau V et 36% n'en n'ont aucun.
Du point de vue de l'égalité d'accès à la formation, le territoire est correctement couvert pour la formation initiale, mais il est néanmoins marqué par l'existence de deux pôles dominants (Reims et Troyes), et par une insuffisance d'offre de formation continue dans certains bassins.
De façon plus nette qu'au niveau national, l'accès à la formation creuse les inégalités sociales et voit les plus aisés, et les plus formés, être les meilleurs utilisateurs des offres de formation tant initiale que continue.
La région est marquée par un poids très significatif de la voie professionnelle au détriment de la formation générale.
Schéma régional de la formation, résumé du diagnostic, sept 2005
Deux initiatives régionales
Lycéo permet de régler l'achat ou la location des manuels scolaires, neufs ou d'occasion, nécessaires à la scolarité (85€ enseignement général et technologique ou 20€ enseignement professionnel, outre la participation de la Région pour l'achat des outils professionnels).
StudéO vise à améliorer les conditions de vie des étudiants : mobilité internationale, prêt à 0%, aide au logement, à l’acquisition de matériel informatique, au transport.
source: Conseil régional
La Région organise les transports régionaux de voyageurs constitués :
- du réseau TER Champagne-Ardenne, exploité par la SNCF, intégrant dans un même ensemble services ferroviaires et routiers ;
- de la ligne routière TransChampagneArdenne (Troyes / Châlons-en-Champagne / Reims / Charleville-Mézières), exploitée par la STDM dans le cadre d'une délégation de service public.
A ce titre, et en concertation avec les autres collectivités locales, les acteurs socio-économiques et les associations d'usagers, la Région définit les dessertes, la tarification, la qualité de service et l'information à mettre en oeuvre.
A l'occasion de la mise en service de la ligne à grande vitesse est-européenne (prévue en juin 2007), la Région remet à plat l'ensemble de l'offre ferroviaire régionale, de manière à préserver l'équité territoriale, permettre que l'effet TGV irrigue l'ensemble du territoire champardennais, tout en confortant les déplacements de la vie quotidienne. Parallèlement une gamme tarifaire régionale a été mise en place pour améliorer l'attractivité du transport régional, notamment pour les étudiants, les demandeurs d'emploi et les salariés.
La Région finance le renouvellement du matériel roulant ferroviaire ainsi que la construction d'un atelier régional d'entretien.
Elle participe à la modernisation des gares, dans le cadre d'un programme quinquennal élaboré avec l'Etat, Réseau Ferré de France et la SNCF, à la création de nouveaux points d'arrêt ferroviaires ainsi qu'à la constitution de pôles d'échanges multimodaux.
Source : Conseil régional
La Région participe au financement de grands équipements qui renforcent son attractivité dans un souci d’équilibre territorial et de développement durable.
L’aéroport international de Vatry
Initialement dédié au fret, l’aéroport atteint progressivement son seuil de rentabilité dans un contexte fortement concurrentiel. L’activité complémentaire du transport de passagers est essentiellement confrontée à la nécessité de disposer de transports collectifs performants avec l’agglomération parisienne. L’enjeu est de faire converger les efforts de lobbying et les moyens financiers pour faire de Vatry un atout supplémentaire pour la région, notamment pour l’économie touristique.
L’impact économique de Paris Vatry sur la région est d’ores et déjà significatif : la plate-forme accueille actuellement une cinquantaine d’établissements et plus d’un millier d’emplois, dont 850 dans le domaine terrestre.
Le TGV-Est Européen
La gare d’interconnexion Champagne-Ardenne TGV très proche du centre de Reims permet un rapprochement notable de Lille, Rennes, Nantes, Bordeaux et Strasbourg. La liaison avec Paris est considérablement améliorée (45 minutes) ainsi qu’avec Marne-la-Vallée et Roissy. L’impact peut être réel en termes d’attractivité pour attirer les sièges sociaux implantés en Ile de France et accueillir de nouvelles entreprises.
Des navettes par trains TER permettront d’y accéder depuis la gare actuelle de Reims, en complément des bus urbains.
Pour le Sud de la Région, dans un souci d’équilibre territorial, le conseil régional finance la modernisation de la ligne ferroviaire Paris/Bâle, avec 2 opérations programmées dans le Contrat de Plan Etat-Région 2000/2006.
Sources diverses : site Conseil régional et schéma régional du développement économique et de l’emploi 2006
Le pôle de compétitivité à vocation mondiale « industrie et agro-ressources »
Les dépenses de R&D sont en progression mais ne représentent encore que 0,8 % du PIB régional, contre 2,3 % en moyenne au niveau national en 2003.
Le réseau d’acteurs [..] structuré [..] autour des agro-ressources représente une vitrine de choix pour l’économie régionale. Son objet est l’utilisation de tous les composants végétaux pour des finalités industrielles, innovantes et compétitives. Il capitalise ainsi sur une force régionale, l’agriculture, pour développer une nouvelle activité à forte valeur ajoutée.[..] La labellisation représente une réelle chance de renforcer le potentiel de recherche. Au-delà de la dynamique économique attendue, le pôle agro-ressources représente un vecteur d’image et d’attractivité pour les entreprises et le monde de la recherche et de l’enseignement.
Schéma régional du développement économique et de l’emploi mars 2006
L'alliance Champagne-Ardenne / Picardie / Wallonie, élargie aux régions voisines d’Ile-de-France et Nord-Pas-de-Calais, fait de ce pôle le premier en Europe pour sa capacité de transformation industrielle et de recherche. La priorité donnée à la recherche-développement dans les prochains programmes des fonds structurels européens ouvre d'ailleurs de nouveaux horizons pour la dynamique lancée par le pôle.
Pour la recherche, la Région Champagne Ardenne a d'ores et déjà pris l'engagement de poursuivre et d'amplifier l'effort de soutien aux projets (le projet de pôle de compétitivité a bénéficié en 2005 d'un soutien financier de la Région à hauteur de 2 M€). Ce soutien se poursuivra sur les années à venir et sera complété par les moyens issus des programmes européens.
Source : Conseil régional